Papa, dis moi…

Papa, dis-moi, pourquoi la Marseillaise est l’hymne français ?

Tu as dû apprendre à l’école, la Marseillaise, et on t’a expliqué que c’était l’hymne national français. C’est quoi un hymne national et surtout pourquoi le nôtre s’appelle la Marseillaise ?

Un hymne national est la plupart du temps un chant patriotique, il est choisi pour l’usage officiel par le gouvernement. Tu peux, par exemple, l’entendre au début d’un match de foot ou bien pendant la remise des médailles lors des Jeux Olympiques.

Pour la France, tu l’as appris c’est la Marseillaise. Au Royaume-Uni et en Nouvelle-Zélande, c’est un autre chant appelé God save the Queen (en français Que Dieu protège la Reine). Il en existe beaucoup d’autres, aux États-Unis, par exemple, c’est The Star-Spangled Banner (en français la Bannière étoilée) qui constitue l’hymne national, c’est à la base un poème écrit en 1814 par Francis Scott Key.

Mais revenons-en à la Marseillaise. A l’origine, elle s’appelait le chant de guerre pour l’armée du Rhin.
C’est en avril 1792, que le poète Claude Joseph Rouget de Lisle, officier du génie en poste à Strasbourg, lors de la guerre avec l’Autriche, écrit un chant guerrier pour l’armée française. La légende veut qu’il l’aurait composé en une nuit, entre le 25 et 26 avril.

Drapeau français

François Mireur, qui se destinait à une carrière de médecin, s’engagea dans l’armée, en pleine période de Révolution. Le général, avant de partir pour la campagne d’Egypte, se rendit à Marseille pour organiser la fusion des volontaires de Montpellier et de Marseille qui s’engageaient pour combattre l’Autriche. Il mis au point leur marche conjointe en utilisant le chant de Rouget, et le fait paraître sous la titre de Chant de guerre aux armées aux frontières.

Le 10 août 1792, journée décisive pour le Révolution après le 14 juillet, Louis XVI est installé au Palais des Tuileries. La plupart des historiens qualifient cette journée de seconde Révolution. Les Marseillais viennent prêter main forte aux révolutionnaires en entonnant leur chant. Les Tuileries sont prises, la monarchie abolie au profit de la République. Pour les Parisiens, ce chant est celui des Marseillais venus mettre un terme à la tyrannie. Il devient la Marseillaise.

Il est choisi comme hymne national le 14 juillet 1795, puis retiré en 1804, pour finalement redevenir notre hymne officiel sous la 3ème République en 1879.

Pour ceux qui ne connaissent pas les paroles, les voici :

Allons enfants de la Patrie
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie
L’étendard sanglant est levé
Entendez-vous dans nos campagnes
Mugir ces féroces soldats?
Ils viennent jusque dans vos bras.
Égorger vos fils, vos compagnes!

Aux armes citoyens
Formez vos bataillons
Marchons, marchons
Qu’un sang impur
Abreuve nos sillons

Que veut cette horde d’esclaves
De traîtres, de rois conjurés?
Pour qui ces ignobles entraves
Ces fers dès longtemps préparés?
Français, pour nous, ah! quel outrage
Quels transports il doit exciter?
C’est nous qu’on ose méditer
De rendre à l’antique esclavage!

Quoi ces cohortes étrangères!
Feraient la loi dans nos foyers!
Quoi! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fils guerriers!
Grand Dieu! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres des destinées.

Tremblez, tyrans et vous perfides
L’opprobre de tous les partis
Tremblez! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leurs prix!
Tout est soldat pour vous combattre
S’ils tombent, nos jeunes héros
La France en produit de nouveaux,
Contre vous tout prêts à se battre.

Français, en guerriers magnanimes
Portez ou retenez vos coups!
Épargnez ces tristes victimes
À regret s’armant contre nous
Mais ces despotes sanguinaires
Mais ces complices de Bouillé
Tous ces tigres qui, sans pitié
Déchirent le sein de leur mère!

Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n’y seront plus
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre!

Amour sacré de la Patrie
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie
Combats avec tes défenseurs!
Sous nos drapeaux, que la victoire
Accoure à tes mâles accents
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire!

Source: Wikimedia Commons

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