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À table, les enfants posent souvent autant de questions que de miettes laissées dans l’assiette : pourquoi le gruyère a des trous, pourquoi les oignons font pleurer, ou ce que cache vraiment le nom d’un croque-monsieur. Pour les parents qui veulent expliquer la cuisine aux enfants tout en partageant un bon repas, cette catégorie du blog transforme la cuisine en terrain de jeu pour la curiosité, entre histoires gourmandes et petites explications qui se dégustent en famille.

Certains articles reviennent sur les origines de plats familiers, comme la poule au pot ou le Paris-Brest, et sur les traditions qui les accompagnent, à l’image de la Chandeleur et de ses fèves dans la galette. D’autres lèvent le voile sur des mystères de cuisine du quotidien, qu’il s’agisse des trous dans le pain, de l’odeur des oeufs cuits durs ou de ce que l’on trouve réellement dans une noix de coco. Autant de petites énigmes à savourer ensemble au fil de ces articles.

Papa, dis-moi pourquoi est-ce que le gruyère a des trous ?

Comme Jerry, dans le dessin animé Tom et Jerry, tu adores le fromage, et notamment le gruyère avec ses trous rigolo, mais est-ce tu t’es déjà demandé pourquoi il y a des trous dans le gruyère ?

Sache d’abord, qu’en France, nous faisons une confusion car il n’y a pas de trous dans le gruyère, c’est en fait l’emmenthal qui en a. C’est vraisemblablement lié aux industriels qui ont longtemps commercialisé l’emmenthal sous un nom générique : “gruyère”.


Papa, dis-moi pourquoi une barbe à papa s’appelle comme ça ?

Quel bonheur d’aller à la fête foraine, et outre les pommes d’amour et les manèges, tu peux aussi manger une barbe à papa! Quelle est l’origine de cette drôle de confiserie et pourquoi s’appelle-t-elle ainsi ?

D’abord, tout simplement car elle ressemble à une barbe.

Cette confiserie est confectionnée avec du sucre, souvent coloré en rose, qui est transformé en filaments et enroulé autour d’un bâtonnet, jusqu’à former une boule dont l’aspect fait penser à du coton. D’ailleurs, aux Etats-Unis, cela s’appelle cotton candy.


Papa, dis-moi pourquoi y a-t-il du lait dans la noix de coco ?

L’autre jour un camarade de classe a emmené à l’école, comme souvenir de ses vacances dans les îles, une noix de coco. La question s’est alors posée, pourquoi est-ce qu’il y a du lait dans la noix de coco ?
Tout d’abord, il n’y a pas de lait de coco dans la noix de coco, il y a ce qu’on appelle l’eau de coco. C’est une eau pure que les habitants des îles boivent pour se désaltérer.


Papa, dis-moi faut-il éplucher les champignons de Paris?

Tu as vu que ton oncle épluchait le chapeau des champignons qu’on a mangé hier soir, alors que maman habituellement ne le fait pas et tu te demandes qui a raison.

Il s’agit en fait d’une habitude. Il n’est pas dangereux pour la santé de ne pas les éplucher.

D’abord, un peu d’histoire sur les champignons de Paris. L’Agaricus Bisporus n’est pas originaire de Paris comme son nom l’indique mais de la ville de Saumur en Anjou, ils prospèrent dans les nombreuses carrières creusées dans une pierre blanche appelée « tuffeau ». Le champignon de Paris est un champignon dit de couche, il est cultivé en champignonnière sur du substrat à base de fumier de cheval.
Le champignon de Paris a été et est aussi toujours cultivé dans les catacombes à Paris.


Papa, dis-moi pourquoi y a-t-il des trous dans le pain ?

Parce qu’une souris est passée et elle a une grosse faim, donc elle s’est servie. Comme à mon habitude, je te taquine. Les trous que tu voies dans la mie de pain sont des bulles de gaz qui sont restées emprisonnées lorsque le boulanger a cuit la pâte à pain. Il faut savoir que le pain est composé de farine de blé, d’eau, de sel et de levure qui est utile pour faire monter la pâte. On ajoute quelques fois des additifs. La levure que l’on utilise pour faire lever le pain est en fait un champignon composé d’une seule cellule : le Saccharomyces cerevisiae.
La fabrication du pain se compose de plusieurs étapes. Il y a d’abord la panification qui consiste au mélange des divers ingrédients : farine, eau et levure. Ce mélange permet de lier les protéines les unes avec les autres afin d’avoir un réseau moléculaire élastique. C’est pour cela que la pâte à pain est extensible et colle aux dents. Petit à petit, au fur et à mesure du pétrissage, de l’air est emprisonné dans la pâte. Ce sont les levures qui consommeront une partie de cet air pour générer un gaz : le dioxyde de carbone. On dit que le pain respire. L’eau est là pour activer des enzymes producteurs de glucides fermentiscibles. Après la panification, il y a le pétrissage. On stocke la pâte ainsi mélangée dans une cuve à pétrain à une température précise de 27°C. On dit que la pâte repose. En fait, à l’intérieur de celle-ci, cela s’active beaucoup. Les levures produisent une réaction de fermentation alcoolique, quand il n’y a plus d’air disponible. Cette réaction produit aussi un gaz qui fait monter la pâte et permet ainsi à celle-ci de doubler ou tripler de volume. Le boulanger intervient à ce moment en divisant cette pâte en bâtons pour faire des baguettes, ou en boules pour faire des boules de pain. Après cette mise en forme, il reste au boulanger à chauffer le pain au four à 230°C pendant environ 20 minutes. Dés lors, la chaleur accélère la fermentation. Le boulanger passe ensuite la températeur à 60°C. Quand il n’y a plus d’eau et d’enzymes, la fermentation s’arrête. Plus aucune réaction n’a lieu. Le pain va alors se solidifier : le gaz se dilate sous l’effet de la chaleur et l’amidon du pain se solidifie. Cette partie s’appelle l’empesage. Et voilà, le pain est prêt.