Papa, dis moi …

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Papa, dis-moi, c'est quoi l'intelligence artificielle ?

Bonjour à tous, aujourd’hui, on répond à une question que les enfants, et parfois pas mal d’adultes, se posent : « Papa, dis-moi, c’est quoi l’intelligence artificielle ? »

Gros sujet du moment, dont on entend parler partout, c’est l’intelligence artificielle… on utilise aussi parfois le terme IA.

Alors, il existe un vocabulaire associé à l’intelligence artificielle, nous allons le détailler plus loin.

Un peu d’histoire sur l’intelligence artificielle

Pour comprendre ce qu’est l’intelligence artificielle, il faut d’abord parler de notion d’information comme les algorithmes. Un algorithmeest une sorte de recette, une suite d’instructions à suivre à la lettre pour réaliser une tâche. Cela ressemble à une recette de gâteau, mais pour les ordinateurs.

Par exemple, un GPS qui me dit d’éviter un embouteillage, ou mon application de streaming vidéo qui me propose le prochain dessin animé pour les enfants, c’est grâce à des algorithmes.

Et tout ça, c’est de l’informatique : du traitement d’informations par des machines. Quand un ordinateur exécute un programme, il suit un algorithme qui a été codé dans un langage qu’il comprend.

Tu dois te dire que vu l’informatique date un peu, pourquoi on ne parle d’intelligence artificielle que depuis récemment ? Et bien, elle n’est pas si récente qu’on le croit. Elle est née dans les années 50, mais son chemin a été rempli de hauts et de bas, un peu comme des montagnes russes.

Tu es peut-être trop jeune mais les plus anciens qui nous lisent se souviennent peut être de Deep Blue, l’ordinateur qui a battu le champion d’échecs Garry Kasparov en 1997.

Deep Blue est une intelligence artificielle qu’on appelle spécialisée, elle sait faire une chose très bien mais ne sera pas capable de faire une autre chose pour laquelle elle n’est pas entraînée.

Deep Blue sait très bien jouer aux échecs mais est incapable de reconnaître une photo de chat.

C’est là où on voit la limite avec notre intelligence biologique (comme la nôtre). Nous pouvons apprendre plusieurs choses, gérer nos émotions, ressentir de l’empathie. La plupart des intelligences artificielles restent très logiques et spécialisées.

Comment apprend l’intelligence artificielle ?

Alors, je te dis qu’on peut entraîner une IA, mais comment apprend-elle ? C’est là qu’interviennent deux notions importantes : le machine learning et le deep learning.

Le machine learning, ou apprentissage automatique, c’est quand l’IA apprend à partir d’expériences, un peu comme un enfant qui apprend à faire du vélo en tombant puis en réessayant. Elle s’entraîne sur des tonnes de données, repère des motifs et fait des prédictions.

Le deep learning, c’est une branche du machine learning. Elle s’appuie sur des réseaux de neurones artificiels, inspirés du cerveau humain. Chaque « neurone » reçoit de l’info, la transforme, puis la transmet aux autres neurones dans des couches successives. C’est grâce à ça que les IA modernes peuvent par exemple reconnaître des visages ou traduire des langues.

Qu’est-ce que l’intelligence artificielle générative ?

L’intelligence artificielle dont on parle le plus ces derniers temps, c’est, bien sûr, l’IA générative, c’est une IA capable de créer du contenu : des images, du texte, des sons… Un exemple très connu, c’est GPT, qui signifie « Generative Pretrained Transformer ». C’est ce qu’on appelle un LLM (Large Language Model ou grand modèle de langage en Français).

Un LLM, c’est un programme informatique nourri de suffisamment d’exemples (d’où le terme Large) pour être capable de reconnaître et d’interpréter le langage humain ou d’autres types de données complexes. De nombreux LLM sont entraînés à l’aide de données recueillies sur Internet, soit des milliers ou des millions de gigaoctets de texte, une telle quantité de données que l’on a du mal à imaginer la quantité de données que cela représente. Et justement, on utilise le deep learning pour entraîner ces réseaux de neurones artificiels.

Le plus connu est donc GPT. Tu utilises si tu poses des questions à ChatGPT. Il a été entraîné sur d’énormes quantités de textes, et il utilise une architecture appelée Transformer qui permet d’établir des relations mathématiques entre les mots et de déterminer le sens d’un mot en fonction du contexte. C’est comme ça qu’il peut répondre à nos questions ou même raconter une histoire.

Logo ChatGPT

Mais attention, il n’est pas parfait. Comme tous ces outils, il peut avoir des biais (des sortes de préjugés, si tu lui demandes une histoire sur le foot par exemple, il n’y aura probablement que des garçons dans ton histoire), il peut aussi faire des erreurs (qu’on appelle hallucinations, il peut très bien t’écrire une recette avec des oeufs de vache par exemple !), et surtout, il ne cite pas ses sources. Il faut aussi savoir que les LLM appartiennent et sont entraînés par un petit nombre de personnes dans le monde, ce qui pose des questions d’éthique et de contrôle.

Alors, c’est très bien mais prudence en les utilisant, c’est comme une recherche Internet : il faut toujours vérifier les informations que tu peux lire. Si tu as passé ton pass Internet à l’école, tu le sais.

L’intelligence artificielle et l’environnement

Tu connais notre préoccupation sur l’environnement chez Papa, dis-moi.

On s’est donc intéressé au rapport de l’intelligence artificielle avec l’environnement. Même si l’IA permet une réelle avancée dans les entreprises, elle nécessite une grande puissance de calcul et donc consomme beaucoup d’énergie, surtout pendant l’entraînement et cela de jour comme de nuit. Dans notre monde, déjà mis à mal avec le réchauffement climatique, cela pose énormément de questions. Comme on l’a vu plus haut, les IA utilisent beaucoup de données, ses données sont stockées dans des centres de données et c’est tout cela qui génère de la pollution avec leur consommation énorme d’électricité et d’eau. Alors, on sait que l’intelligence artificielle a une forte impact sur l’environnement, mais nous ne savons pas encore précisément l’empreinte énergétique de chaque LLM.

Utiliser l’intelligence artificielle

Apprendre à bien les utiliser, à bien rédiger un prompt (c’est-à-dire une question claire et bien formulée), ça fait partie de l’avenir. C’est un peu comme apprendre une nouvelle langue.

Mais, être plus efficace dans ses demandes, ne pas en abuser, ne pas les utiliser uniquement pour jouer, fait aussi partie de l’utilisation raisonnée et une démarche de limiter sa consommation énergétique.

Ce qu’on appelle le prompting (ou l’ingénierie de l’invite ou l’art du prompt) est un processus itératif qui vous permet d’entamer et de poursuivre une discussion avec une IA générative. Afin d’obtenir les réponses les plus affinées par rapport à votre demande, il est nécessaire de prendre en considération les éléments suivants :

  • contexte
  • rôle
  • tâche
  • format
  • tests

Pour les petits curieux qui ne connaissent pas et qui sont aussi cinéphiles, on vous conseille de regarder en famille ou de faire découvrir à vos enfants les films “Wargames” ou “Short Circuit” pour voir ce que les humains imaginaient de l’IA il y a 40 ans.

A bientôt pour une nouvelle question !

Source : Wikimedia Commons


Papa, dis-moi, pourquoi dit-on faire attention ?

Découvre le secret derrière une expression que nous utilisons tous les jours !

Chaque jour, tu entends sûrement cette phrase : “Fais attention !”. Mais as-tu déjà réfléchi à ce que cela signifie vraiment ? Que tu sois parent, enfant ou curieux, essayons de décrypter cette expression.

Marquage au sol Attention double sens sur un passage piéton

Imagine être maître de ton attention.

Dans notre monde d’aujourd’hui où tout va vite, avec l’apogée d’internet et de l’intelligence artificielle, ainsi que des écrans accessibles partout de la rue à notre poche en passant par la maison, les notifications, les publicités et les distractions permanentes mettent notre attention à rude épreuve. Parfois, comme l’écrit Bruno Patino dans son livre la civilisation du poisson rouge : “Nous sommes devenus des poissons rouges, enfermés dans le bocal de nos écrans, soumis au manège de nos alertes et de nos messages instantanés”.

Et pourtant, faire attention, c’est bien plus qu’un simple réflexe. C’est une compétence précieuse à cultiver. Notamment à l’école, j’ai pu participer à un cours donné par un enseignant chercheur Eric Jamet de l’université de Rennes, sur l’apprentissage et il nous parlait particulièrement de sa rechercher sur le multitâche des étudiants et son influence négative sur leur capacité d’attention et donc d’apprentissage.

Imagine que ton attention comme une lampe de poche. Quand tu l’allumes, tu éclaires un endroit précis et tout devient plus clair. Mais si tu la laisses clignoter ou s’éparpiller, tu vas manquer des détails importants. Dans notre quotidien, où tout va vite et où tout chercher à capter notre attention, faire attention, c’est comme bien diriger cette lampe. Cela peut nous aider à éviter les accidents, à mieux comprendre les autres ou simplement à profiter du moment présent. C’est d’ailleurs ce que prône le mouvement Slow résultat d’une protestation lancée par Carlo Petrini en 1986.

L’attention, un super pouvoir à portée de main.

Si l’on reviens à notre sujet, c’est à dire l’expression “faire attention”. On peut lui donner plusieurs sens. Elle peut signifier être vigilant. Comme par exemple, quand tu traverses la rue. Mais elle peut aussi vouloir dire prendre soin de quelque chose ou de quelqu’un. Le principe est d’arriver à faire un focus de notre esprit sur une chose ou sur quelqu’un.

Sais-tu aussi qu’il est possible d’entraîner son attention ? C’est un peu comme ton sport favori, au début tu trouves ça compliqué et tu envisages d’abandonner, mais plus tu t’entraînes et plus tu prends du plaisir à le faire. Chez nous nous utilisons le livre Calme et attentif comme une grenouille qui nous permet de travailler notre attention même chez les plus petits. Une des pratiques les plus simples est la méditation sur la respiration : on inspire, on expire, et on dirige son attention uniquement sur ce souffle. Pour les plus grands, il existe aussi des applications de cohérences cardiaques également.

Et si tu aimes, partage ce moment avec ton enfant. Faire attention, c’est apprendre à mieux vivre ensemble et pour soi. Alors, prêt à éclairer le monde avec ta lampe de poche ?

Source : Wikimedia Commons


Papa, dis-moi pourquoi les feux d'artifice ont plusieurs couleurs ?

Tu viens de voir un magnifique feu d’artifice, et tu te demandes comment les couleurs des feux d’artifice sont faits. Aujourd’hui on va s’orienter vers la chimie. Ce ne sera pas à base de colorant évidemment mais de sel. Il faut savoir que les feux d’artifice ont été inventé par les chinois il y a environ 1000 ans. Quand les chinois l’ont inventé, le but était de faire fuir les mauvais esprits. C’est désormais utilisé pour des spectacles pyrotechniques comme les fêtes nationales ou jour de l’an, par exemple. Dans tous les cas, depuis cette époqie, la composition de base est restée identique : de la poudre noire que l’on fait chauffer à plus de 1000°C et jusqu’à plus de 3000°C. Grâce à cette poudre, on a la partie explosive mais cela manque de couleur. Pour cela, il faut des métaux ou des sels métalliques. Quand la poudre noire s’enflamme, sa flamme fournit de l’énergie qui excite les atomes. Pour revenir à l’état de base que l’on appelle état fondamental, l’atome des métaux et/ou sels métalliques produit de la lumière. En fonction du type de métal, la lumière qui va être produite va être différente car les atomes du métal ont besoin de plus ou moins d’énergie pour revenir à leur état initial.

Feu d’artifice au-dessus du port marin de Sochi

Les couleurs dépendent donc des métaux :

  • blanc : magnésium ou aluminium,
  • rouge : sels de strontium ou lithium,
  • orange : sels de calcium,
  • jaune : sels de sodium,
  • vert : sels de baryum ou de cuivre,
  • bleu : sels de cuivre,
  • violet : sels de potassium,
  • or : mélange de fer, de soufre et de carbone.

Mais pour que cela forme une étoile, quelle est la technique utilisée ? En fait, c’est la poudre en explosant qui éparpille dans toutes les direction ces billes de métal ou de sels métalliques. D’autres formes permettent de créer d’autres effets comme la pivoine, le palmier ou le saule pleureur.

Source : Wikimedia Commons


Papa, dis-moi pourquoi parle t-on de passages cloutés ?

Quand tu entends parler de passages cloutés, la personne parle évidemment de passages piétons. A l’heure actuelle, les passages piétons sont délimités par des lignes blanches au sol. Mais quand ils ont été mis en place pour la première fois en France en 1925, puis en Suisse en 1932, le marquage au sol de ces passages étaient des clous plombés d’environ dix centimètres de diamètre dont la tige était plantée entre deux pavés, voire directement enfoncée dans la chaussée. Mais depuis les années 1960, ces clous ont été remplacé par les marquages blancs que l’on connait en France. Ce remplacement est principalement dû au fait que les pavés aient été remplacé par une surface plus plane comme l’est l’enrobé ou le béton.

Passage piéton dans le 16e arrondissement de Paris

Ce qui reste marrant, c’est que 50 ans après la fin de ces passages cloutés, ils restent encore dans le vocabulaire français. Ainsi certaines expressions utilisent encore le terme cpùùe “être dans les clous”, “rester dans les clous”, “être hors des clous”, ou “sortir des clous”. Celles-ci sont relatives au fait qu’être dans les clous, c’est obéir à l’ordre.

Continuons avec les passages piétons et le vocabulaire. Si le passage piéton te faisait penser à un animal, ce serait… le zèbre, bien sûr. Ainsi dans d’autres langues, pour parler de passages piétons, on parle de zébres :

  • en anglais, on dit “zebra crossing”,
  • en allemand, on parle de “zebrastreifen”,
  • en espagnol, c’est “pasa de cebra”,
  • en néerlandais, on dit “zebrapad”.

Par contre, en francais, les zebras font référence aux bandes que l’on voit près des arrêts de bus.

Source : Wikimedia Commons


Papa, dis-moi c'est quoi le parkour ?

Alors… c’est une trés bonne question. Je dirais que le parkour est une autre manière de se déplacer. Quand tu te déplaces dans la rue pour aller dans un autre lieu, tu marches sur le trottoir et tu passes sur les passages piétons. Pour ceux qui font du parkour, ils vont comme toi aller d’un point A à un point B mais d’une manière plus efficace : ils ne vont pas contourner un obstacle, ils vont passer au dessous ou au travers ; ils ne vont faire le tour d’un bloc d’immeubles pour aller dans une autre rue, ils vont escalader l’immeuble. Le parkour a plusieurs noms comme “Free Running” ou “Art du déplacement”. Au final, c’est une nouvelle manière de penser la ville et le mobilier urbain. Evidemment, il faut faire attention car c’est un vrai sport qui demande beaucoup d’entraînements, de dépassement et de connaissances de soi. C’est un sport qui, je trouve, a de belles valeurs comme la tolérance et l’entraide mais aussi la bienveillance et le respect que ce soit envers les autres usagers de la ville ou envers l’environnement que les sportifs vont utiliser pour se déplacer.

Saut entre deux murs par un traceur

Mais d’où vient le mot “parkour” ? En fait, il fait référence au parcours du combattant, qui est une série d’obstacles utilisé par les militaires pour s’entrainer et qu’ils doivent franchir le plus rapidement possible. On y voit évidemment les principes de déplacement, d’efficacité, d’obstacles et de dépassement de soi.

Et d’où vient ce sport ? En fait, il faut remonter dans le temps mais pas trop car c’est dans les années 1990 qu’un certain Daniel Bell invente ce sport aux portes de Paris. Le sport a depuis été démocratisé par de nombreux films comme Yamakasi ou des jeux vidéos comme Mirror’s Edge ou Assassin’s Creed. Dans le monde, ce sport comporte quelques références comme Hit the Road qui transforme ce sport en art avec de superbes images, le Wizzy Gang qui sont un groupe d’amis passionés par ce sport ou la French Freerun Family qui sont des amis devenus des professionels dans ce sport.

Source : Wikimedia Commons