Le maréchal-ferrant s’occupe du soin et de l’entretien des pieds des équidés : les chevaux, les ânes et les poneys. Il taille la corne qui pousse sous leurs sabots et leur pose des fers pour protéger leurs pieds.

Interview d’Alexandre Legrand

Dans cet épisode de la série « Travailler auprès des animaux », Aurélie reçoit Alexandre Legrand, maréchal-ferrant.

Un métier au service des pieds du cheval

Installé depuis 2014, Alexandre prend soin des pieds des équidés, et ses interventions sont très variées :

  • Le parage : couper l’excédent de corne qui pousse en continu sous le pied du cheval, un peu comme on se coupe les ongles.
  • Le ferrage : protéger le pied avec des fers en acier ou des semelles en plastique.
  • L’orthopédie : poser des semelles orthopédiques pour les chevaux qui ont des problèmes.
  • Le conseil : proposer des produits de soin pour l’entretien des pieds.

Le cheval reçoit la visite du maréchal-ferrant toutes les six à huit semaines environ.

Parcours et formation

Tout petit, Alexandre voyait le maréchal-ferrant venir chez son grand-père, qui avait des chevaux. L’odeur si particulière du fer chaud posé sur le sabot lui a mis “des étoiles dans les yeux” : sa “madeleine de Proust”. Il a ensuite passé un CAPA (CAP agricole) maréchal-ferrant, puis s’est installé juste après. On peut ensuite poursuivre vers un Brevet Technique des Métiers pour se spécialiser, par exemple en orthopédie, dans les chevaux de course ou dans les chevaux de sport. Pour Alexandre, le métier est comme un arbre : un tronc commun et plein de branches bien spécifiques. Un vieux dicton du métier dit d’ailleurs qu’on commence sa carrière stagiaire et qu’on la finit apprenti : on apprend tous les jours.

La réalité d’un métier itinérant

Plusieurs points reviennent sur le quotidien du métier :

  • Le camion atelier : le maréchal-ferrant est itinérant. Son camion transporte tout son matériel : la forge, l’enclume sur rail, les meuleuses…
  • Les lieux : certains préfèrent aller de particulier en particulier, d’autres passent la journée dans un centre équestre. Alexandre fait les deux.
  • La journée type : passage à l’atelier pour charger les fers et les clous, premier client vers 9 h, puis une dizaine de chevaux à parer ou ferrer jusqu’au soir, sans oublier la comptabilité et les factures.
  • Le travail d’équipe : même s’il est seul avec le cheval, il échange beaucoup avec les vétérinaires (radios, échographies, groupes WhatsApp sur un cas), accueille des apprentis et se dépanne avec les confrères du secteur.
  • Les horaires : il manque de maréchaux-ferrants, notamment dans le Nord. Ils peuvent donc choisir leurs horaires, par exemple de 9 h à 17 h du lundi au vendredi.

Les plus et les moins du métier

Pour Alexandre, le plus grand avantage est la liberté : il organise sa tournée comme il le souhaite, découvre de jolis villages à la campagne et rencontre des gens très sympathiques. Au fil des années, certains clients deviennent bien plus que des clients. Et travailler avec le cheval est très apaisant : “l’un apaise l’autre”. Le côté plus difficile, c’est qu’il faut travailler par tous les temps : sous la canicule, avec les mouches qui énervent les chevaux, ou sous la pluie et la neige en hiver. Heureusement, une boisson fraîche ou un chocolat chaud offert par les clients suffit souvent à redonner le sourire !

Une anecdote de spectacle

Alexandre s’occupe aussi de chevaux de spectacle. Un jour, un client lui a fait une farce : son cheval ne “donnait pas bien les pieds”, mais il existait une façon spéciale de faire. En deux mots, le cheval s’est couché au sol, les quatre fers en l’air ! Alexandre l’a donc ferré comme ça, un souvenir qui les fait encore rire aujourd’hui. Et les chevaux qu’il suit depuis longtemps le reconnaissent : certains hennissent dès qu’ils entendent arriver son camion.

Conseils aux enfants et parents

Il partage plusieurs conseils :

  • Foncer : ne pas écouter ceux qui disent que c’est un vieux métier sans avenir. Il y aura toujours des chevaux, les naissances augmentent et l’intelligence artificielle ne remplacera jamais le maréchal-ferrant. Alexandre ne prend d’ailleurs plus de nouveaux clients depuis des mois.
  • Aller voir : pousser les portes d’un centre équestre, demander quand vient le maréchal-ferrant et assister à une intervention, seul ou avec ses parents.
  • Faire un stage : Alexandre accueille des élèves de 3ᵉ pour des stages de découverte d’une ou deux semaines.
  • Ressources : les livres sur la maréchalerie sont très spécialisés et difficiles pour les débutants. Rien ne vaut une journée passée aux côtés d’un maréchal-ferrant passionné.

Pour conclure, Alexandre résume son métier en trois mots : la nature, la passion et la résilience. C’est un métier physique et exigeant, mais plein de liberté et de belles rencontres, avec des chevaux comme avec leurs propriétaires.

Quelles sont les compétences pour être maréchal-ferrant ?

Pour être maréchal-ferrant, il faut plusieurs compétences importantes :

  • Avoir une bonne condition physique, car on travaille penché sous le cheval toute la journée. Ce n’est pas un métier réservé aux hommes : il y a de plus en plus de filles aux examens !
  • Aimer les chevaux et la nature, et savoir approcher un cheval pour gagner sa confiance : “si on veut qu’il soit gentil avec nous, on doit être gentil avec lui”.
  • Savoir s’adapter, car chaque cheval est différent et les imprévus font partie du quotidien.
  • Savoir garder son calme, même quand on est fatigué ou que le cheval est récalcitrant.
  • Être rigoureux et précis, car une erreur a des conséquences directes sur la santé du cheval. Comme le dit l’adage : “Pas de pied, pas de cheval.”
  • Savoir travailler le métal à la forge et lire des radios ou des échographies.
  • Aimer le contact humain, pour échanger avec les propriétaires et les vétérinaires.

Où exerce le maréchal-ferrant ?

Le maréchal-ferrant exerce principalement :

  • Chez les particuliers qui ont des chevaux, des ânes ou des poneys.
  • Dans les centres équestres, où il peut passer une demi-journée ou une journée entière.
  • Dans les écuries de chevaux de course, de chevaux de sport ou de chevaux de spectacle.
  • Dans son atelier, où il prépare son matériel avant de partir en tournée.

C’est un métier itinérant qui s’exerce surtout en extérieur, avec un camion atelier équipé d’une forge et d’une enclume.

Quelles sont les études pour devenir maréchal-ferrant ?

Pour devenir maréchal-ferrant, plusieurs formations permettent d’apprendre à soigner et à ferrer les pieds des équidés :

  • CAPA (CAP agricole) Maréchal-ferrant, en 2 ans après la 3ᵉ, souvent en apprentissage. Il permet déjà de s’installer.
  • BTM (Brevet Technique des Métiers) Maréchal-ferrant, pour approfondir ses connaissances et se spécialiser.
  • Il est également possible de se spécialiser dans l’orthopédie, les chevaux de course ou les chevaux de sport.

La formation est très pratique : parage, forge, ferrage, mais aussi anatomie du pied et lecture de radios. Pour devenir maréchal-ferrant, il faut surtout aimer les chevaux et continuer d’apprendre tout au long de sa carrière.

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